Réglementation
La SEC accuse Coinbase de violations de titres 24 heures après avoir fait de même avec Binance

Un jour seulement après avoir accusé Binance d’une multitude de violations de titres, la SEC a maintenant annoncé qu’elle envisage également de tenir Coinbase responsable.
Dans un communiqué de presse du 6 juin press release, la SEC indique qu’elle a,
«… a accusé Coinbase, Inc. d’exploiter sa plateforme de négociation d’actifs cryptographiques en tant que bourse nationale de valeurs mobilières non enregistrée, courtier et agence de compensation. La SEC a également accusé Coinbase de ne pas avoir enregistré l’offre et la vente de son programme de staking‑as‑a‑service d’actifs cryptographiques.»
Il convient de noter que ces accusations ne sont pas surprenantes. Coinbase a reçu un avis Wells il y a plusieurs semaines, et la SEC a déjà conclu des accords avec des plateformes similaires comme Kraken concernant les services de staking.
Les Allégations et les Tokens Concernés
Comme indiqué, les accusations formulées par la SEC reposent sur sa conviction que Coinbase a fonctionné en tant que bourse de valeurs mobilières, courtier et agence de compensation non enregistrés. Une grande partie de ces accusations concerne l’offre de son service de staking populaire. La SEC estime que le programme de staking «… tel qu’il s’applique à chacun des cinq actifs cryptographiques pouvant être mis en jeu est un titre», et qu’il a été fortement promu par Coinbase – générant un chiffre d’affaires dépassant 275 M$ en 2022.
Sur Twitter, le président de la SEC, Gary Gensler, a abordé les accusations et ce qu’il estime que les prétendues défaillances de Coinbase signifient pour les investisseurs.

Source: Twitter @GaryGensler
La SEC a également renforcé sa classification de certains actifs en tant que titres. Ceux‑ci incluent, sans s’y limiter, des projets tels que,
- Cardano (ADA)
- Polygon (MATIC)
- Filecoin (FIL)
- Sandbox (SAND)
- Axie Infinity (AXS)
Il convient de noter que la majorité de ces projets possèdent une «fondation» ou un organe central de contrôle chargé de superviser leur croissance – un point clé que le président Gensler a répété à plusieurs reprises comme entraînant la classification d’un token en tant que titre.
Commentaires de la SEC
Dans sa déclaration, divers représentants de la SEC ont pris le temps de partager leurs opinions sur les accusations.
Gary Gensler, président de la SEC, déclare,
«Nous alléguons que Coinbase, bien qu’étant soumis aux lois sur les valeurs mobilières, a mêlé et offert illégalement des fonctions d’échange, de courtage et de compensation… Dans d’autres parties de nos marchés de valeurs mobilières, ces fonctions sont séparées. Les prétendues défaillances de Coinbase privent les investisseurs de protections essentielles, notamment des règlements qui préviennent la fraude et la manipulation, une divulgation appropriée, des garanties contre les conflits d’intérêts, et des inspections de routine par la SEC. De plus, comme nous l’allégons, Coinbase n’a jamais enregistré son programme de staking‑as‑a‑service comme l’exigent les lois sur les valeurs mobilières, privant ainsi de nouveau les investisseurs d’une divulgation critique et d’autres protections.»
Par ailleurs, Gurbir S. Grewal, directeur de la division de l’application de la SEC, déclare,
«Vous ne pouvez tout simplement pas ignorer les règles parce que vous ne les aimez pas ou parce que vous préféreriez d’autres : les conséquences pour le public investisseur sont bien trop graves… Comme allégué dans notre plainte, Coinbase était pleinement conscient de l’applicabilité des lois fédérales sur les valeurs mobilières à ses activités commerciales, mais a délibérément refusé de les suivre. Bien que les décisions calculées de Coinbase lui aient permis de gagner des milliards, cela s’est fait aux dépens des investisseurs en les privant des protections auxquelles ils ont droit. L’action d’aujourd’hui vise à tenir Coinbase responsable de ses choix.»
L’ASC émet ‘Show Cause Order’
En plus des accusations de la SEC contre Coinbase pour diverses violations de titres, la Alabama Securities Commission a émis ce que l’on appelle un «Show Cause Order» à l’échange. L’ASC indique que, «L’ordre accorde à Coinbase 28 jours pour justifier pourquoi il ne devrait pas être contraint de cesser et de s’abstenir de vendre des titres non enregistrés en Alabama.»
Il convient de noter que bien que cet ordre ait été émis par l’ASC, il l’a été au nom de divers régulateurs d’État, dont ceux de,
- Alabama
- California
- Illinois
- Kentucky
- Maryland
- New Jersey
- South Carolina
- Vermont
- Washington
- Wisconsin
Bien que Coinbase doive prouver pourquoi il devrait pouvoir continuer à offrir ses services, l’ASC précise que le «… l’action n’interdit pas à Coinbase d’offrir le staking en tant que service, tant qu’il se conforme aux lois de l’Alabama.»
Une grande partie de la confusion entourant les programmes de staking provient de perspectives divergentes. Les régulateurs de valeurs mobilières considèrent ces services comme offrant aux investisseurs un rendement sur investissement, les rendant soumis aux lois sur les titres, tandis que des plateformes comme Coinbase estiment que les récompenses accordées aux participants ne constituent pas un rendement sur investissement, mais plutôt une compensation pour la sécurisation du réseau.
Mot de la Fin
Comme indiqué précédemment, les accusations présentées aujourd’hui par la SEC contre Coinbase étaient attendues depuis un certain temps. Depuis la réception de son avis Wells il y a plusieurs semaines, Coinbase a adopté une posture offensive, tentant d’influencer l’opinion publique en sa faveur, tout en se préparant sans doute à ce jour.
Il va sans dire qu’il commence à sembler que la seconde moitié de 2023 sera tumultueuse pour les échanges centralisés et les projets utilisant un mécanisme de consensus «proof‑of‑stake».












